Le cycle menstruel et la récupération
Un principe fondamental de l’entraînement est que l’amélioration de la performance résulte d’un équilibre entre le stress induit par l’entraînement et une récupération efficace après l’effort (Kellmann et al., 2018). De nombreuses adaptations physiologiques se produisent pendant la récupération post-effort, ce qui est essentiel pour l’adaptation à long terme (Bishop et al., 2008). Si des facteurs tels que l’intensité, la durée et le type d’exercice influencent la récupération, le rôle des hormones ovariennes dans la récupération chez la femme n’est pas encore entièrement compris. Par exemple, il a été démontré que l’œstrogène active des voies qui favorisent la synthèse des protéines musculaires, ce qui pourrait améliorer la réparation et l’adaptation musculaires (Knowles et al., 2019). De plus, des données issues de modèles animaux suggèrent que l’œstrogène pourrait protéger contre les lésions musculaires induites par l’effort et favoriser la réparation et la régénération musculaires (Enns & Tiidus, 2010; Tiidus, 2003, 2005). Bien que ces mécanismes indiquent que ces hormones pourraient influencer la récupération, on ignore encore si les fluctuations au cours du cycle menstruel créent des conditions optimales ou sous-optimales pour la récupération chez les athlètes féminines.
Les études examinant la récupération après l’effort (exercices d’endurance et de résistance excentrique) tout au long du cycle menstruel ont donné des résultats mitigés (Hackney et al., 2019; Minahan et al., 2015; Romero-Parra, Alfaro-Magallanes et al., 2020; Romero-Parra, Barba-Moreno et al., 2020). Une revue systématique et une méta-analyse réalisées par Romero-Parra, Cupeiro et al. (2021) suggèrent que les fluctuations hormonales tout au long du cycle menstruel pourraient influencer les lésions musculaires induites par l’effort, affectant en particulier les courbatures à apparition retardée. Les auteurs ont proposé que, dans la pratique, des charges d’entraînement plus faibles ou des périodes de récupération plus longues puissent être envisagées au cours de la phase folliculaire précoce, lorsque les taux d’œstrogène et de progestérone sont les plus bas. Cependant, cette revue a également souligné que plus d’études de haute qualité sont nécessaires avant que ces recommandations puissent être mises en pratique.
Dans l’ensemble, bien que l’œstrogène puisse jouer un rôle significatif dans la récupération après des exercices d’endurance et de résistance excentrique, on ne sait pas encore clairement si cela se traduit par une meilleure ou une moins bonne récupération au cours des différentes phases du cycle. Par conséquent, les données disponibles à ce jour sont insuffisantes pour étayer des variations généralisées des recommandations de récupération en fonction du cycle menstruel. Au contraire, tout ajustement des stratégies d’entraînement ou de récupération devrait s’appuyer sur les réponses et les données individuelles, ce qui souligne une nouvelle fois la nécessité d’une approche personnalisée de la prise en charge des athlètes.
Conseil pour l’entraînement :
- Évitez les prescriptions de récupération « basées sur le cycle » trop rigides ; surveillez plutôt les schémas individuels sur plusieurs mois afin d’apporter des ajustements plus judicieux (si nécessaire).
- Encouragez de bonnes habitudes de récupération tout au long du cycle (sommeil, alimentation, hydratation), ce qui pourrait atténuer les fluctuations liées au cycle.