Entraînement ciblé des muscles du plancher pelvien
Il existe des données concordantes indiquant que l’entraînement des muscles du plancher pelvien peut prévenir et atténuer les symptômes associés au dysfonctionnement du plancher pelvien, avec un taux de réussite compris entre 50 et 80 % (Dumoulin et al., 2018, Wiegersma et al., 2018, Heymen et al., 2001), tout en entraînant des changements physiologiques, tels que le relèvement du plancher pelvien, la réduction de la surface du hiatus du muscle élévateur et l’induction d’une hypertrophie des muscles du plancher pelvien (NICE_Guideline, 2021, Hoff Brækken et al., 2010, Díaz-Álvarez et al., 2022). Malgré ce taux de réussite avéré, 44 à 70 % des sportives pourraient ne pas solliciter correctement leurs muscles du plancher pelvien lorsqu’elles tentent de les entraîner (Ornö et Dietz, 2007 ; Dietze-Hermosa et al., 2020). À ce titre, l’entraînement supervisé des muscles du plancher pelvien constitue la prise en charge de premier rang pour les athlètes présentant des symptômes de dysfonctionnement du plancher pelvien (Dumoulin et al., 2018, NICE_Guideline, 2021).
Les principes de musculation et de préparation physique qui s’appliquent au renforcement musculaire dans d’autres régions du corps s’appliquent également au plancher pelvien. Cela implique de prendre en compte les principes d’individualisation, de spécificité, de surcharge et de progression (Kasper, 2019 ; Garber et al., 2011). Une erreur courante dans l’entraînement des muscles du plancher pelvien est que les femmes, ou ceux qui les encadrent, partent du principe qu’il suffit d’effectuer une activation douce et répétitive de ces muscles. Afin de respecter les principes du renforcement musculaire, les muscles du plancher pelvien doivent être entraînés de manière à induire une surcharge et une fatigue.
Comment guider ou conseiller les athlètes pour qu’elles entament un entraînement des muscles du plancher pelvien ?
Idéalement, toutes les athlètes devraient intégrer un entraînement des muscles du plancher pelvien dans leur programme d’entraînement. Si elles ne le font pas déjà, les athlètes présentant des symptômes devraient commencer cet entraînement en tant qu’approche de premier rang pour la prise en charge. Il peut être difficile d’aider les athlètes à comprendre ce que sont leurs muscles du plancher pelvien, car il s’agit d’une zone « aveugle » que l’on ne voit pas et dont on ne peut pas observer l’entraînement chez autrui. L’utilisation de ressources toutes prêtes peut s’avérer utile, comme les exemples ci-dessous :
Télécharger Ressources World Rugby sur la santé des femmes - Santé pelvienne
Conseil pour l’entraîneur :
- Quelques indications - liste non exhaustive - qui peuvent aider les athlètes à comprendre l’entraînement des muscles du plancher pelvien :
- « Imaginez que vous empêchez les gaz de s’échapper »
- « Imaginez que vous essayez d’interrompre le jet d’urine en plein milieu ».
Veillez à ce que les athlètes ne compensent pas en sollicitant les muscles lombo-pelviens environnants, et guidez-les en conséquence. Si les muscles du plancher pelvien sont sollicités efficacement, personne ne verra l’athlète bouger (car la région du plancher pelvien est invisible), mais l’athlète devrait sentir les muscles situés au niveau de l’anus, du périnée et autour de l’urètre se contracter et se raffermir. Si elle ne parvient pas à sentir ces muscles se contracter, a l’impression qu’ils ne se relâchent pas, ou ressent une douleur en essayant d’effectuer des exercices du plancher pelvien, il est recommandé de l’orienter vers un kinésithérapeute spécialisé en santé pelvienne.
Dans certains cas, les muscles du plancher pelvien ne sont pas faibles, mais plutôt tendus et incapables de se détendre (Donnelly et Moore, 2023). Il est donc essentiel que chaque athlète bénéficie d’une formation et d’une prise en charge adaptées.
Si l’entraînement des muscles du plancher pelvien est indiqué, il doit comprendre des contractions volontaires maximales rapides et des contractions d’endurance plus lentes (Donnelly et Moore, 2023).